Suivi-évaluation de 9 microprojets dans la région de Mopti au Mali

 

Dans le cadre de ses activités, l’Agence des Micro Projets (AMP) réalise et/ou pilote des missions de suivi-évaluation des microprojets qu’elle a financés. Leur objectif est d’apprécier la réalisation des microprojets et de mieux connaître les acteurs et leurs pratiques, en vue de capitaliser autour des bonnes pratiques. Il s’agit également de contrôler la bonne utilisation des fonds et de conseiller les porteurs de projets pour une meilleure qualité de l’aide. Certaines de ces missions sont confiées à des prestataires externes, comme pour cette évaluation conduite au Mali, dans la région de Mopti, en août 2018. Vous trouverez ci-dessous quelques éléments de synthèse du rapport remis par les consultants.

 

Une mission centrée sur la région de Mopti

L’AMP a ainsi recruté le bureau d’étude malien Centre d’Expertise, d’Étude, de Formation et d’Accompagnement en Développement (CEFAD) pour rencontrer les acteurs de 9 microprojets cofinancés entre 2008 et 2016. Cette mission avait pour objectif implicite de mesurer l’impact de la crise au Mali sur la mise en œuvre et la pérennisation des microprojets, ainsi que les modalités d’échanges et la capacité des acteurs à poursuivre leurs partenariats.

    

Les consultants sur le terrain avec les acteurs des projets

Après un premier point avec l’AMP et des entretiens préliminaires avec l’ensemble des associations françaises partenaires, les consultants du CEFAD ont ainsi sillonné la région entre les communes de Doucombo, Djenné, Mopti, Kani Bonzon, Fatoma, Kendié et Sangha à la rencontre des acteurs et bénéficiaires maliens.

 

Ci-dessous le détail des projets visités :

ASI française Partenaire principal Thématique Session Localité
L’échelle Dogon Echelle Dogon Mali Agriculture Agriculture 2014 Kalibombo
Association Partenariat Le Rheu Fatoma  (APALEF) Mairie de Fatoma Agriculture Automne 2011 Fatoma
Association Partenariat Le Rheu Fatoma  (APALEF) Assemblée Régionale de Mopti / Association des femmes de Dégou Agriculture Printemps 2015 Fatoma
Un jardin au Mali Association Dikanmonou Agriculture Automne 2014 ENDE Cercle de Bankass
Via Sahel Paris Institut de Recherche et de Formation des Alternatives en Développement Education Automne 2016 Académie de Douentza
Association pour le Développement économique et social en Afrique (ADESAF) Léo Lagrange Solidarité Mali Education Automne 2016 Cercle de Bandiagara
Solidarité Kendié Municipalité de Kendié Education Printemps 2016 Doucombo
Tabalé Solidarité France Afrique Commune de Doucombo Education Printemps 2015 Doucombo
Association Vitry Djenné via Association Ile et Vilaine/Mopti (AIVM) Coopération Ile et Vilaine Mopti Education Printemps 2008 Djenné

 

Chaque projet a fait l’objet d’un rapport d’évaluation, que vous pouvez dès à présent retrouver sur la cartographie des microprojets, en sélectionnant le pays (Mali).

 

Une collaboration plutôt positive entre les acteurs

La collaboration est globalement bonne entre les partenaires du Nord et ceux du Sud même s’il est constaté que les associations locales ne disposent pas dans certains cas des versions définitives des documents de projets et des rapports bilans. Certaines associations de solidarité internationales (ASI) françaises et locales ont même une fréquence de rencontre Skype hebdomadaire. Un réel atout pour certains projets est l’existence d’une structure faitière qui regroupe plusieurs ASI agissant sur la région. Ceci permet de mutualiser les expériences et expertises et aussi le suivi-évaluation en interne pour un moindre coût. Cette structure apporte également un appui aux associations membres à travers des contrats spécifiques (technique, gestion, etc.). Cette initiative est à étudier de manière plus approfondie afin d’apprécier sa réplicabilité sur d’autres localités de mise en œuvre des actions. Point important, les microprojets sont également plutôt en phase avec les stratégies développées par d’autres organisations dans la région (acteurs extérieurs principalement) tout comme avec les stratégies gouvernementales.

Un niveau d’implication des communes plus nuancé

Le niveau d’implication des communes sur l’ensemble des microprojets est bon. Certaines sont plus présentes que d’autres avec parfois des élus qui sont directement les correspondants des associations françaises. Dans d’autres localités, les élus communaux se sont quasi désengagés du fait de problèmes partenariaux (relationnel, gestion) ou à des difficultés inhérentes à la collaboration entre les différents niveaux de collectivités au Mali (commune, cercle et région) qui ne permettent pas aux acteurs de s’impliquer à leur échelle. L’implication des communes dans le suivi-évaluation des microprojets sur le terrain de leur juridiction est pourtant essentielle. Cela peut passer par exemple et en premier lieu par la mise en place d’un système d’archivage de l’ensemble des interventions passées, en cours et prévues sur la localité.

Des organisations locales qui gagnent encore à être renforcées

De manière générale, les organisations locales, même les plus dynamiques, ont encore besoin d’un accompagnement de la part des ASI partenaires et/ou de structures locales spécialisées pour mettre en place les outils de gestion adéquats à chacun des projets. Le développement de réponses conçues localement doit être encouragé afin d’assurer une meilleure pérennisation des initiatives. En effet, les différentes pistes conçues en amont des projets ont généralement connu des difficultés d’application, malgré un processus concerté. Conséquence de la situation actuelle au Mali, les organisations locales ont aujourd’hui besoin d’un appui – formation dans la prévention et la gestion des conflits, les méthodes d’autoprotection et de protection des autres contre les risques qui menacent directement les activités des microprojets. Un projet est ainsi en arrêt, en accord avec l’ensemble des acteurs, le temps que la situation sécuritaire s’améliore. Un dialogue rapproché entre les acteurs des microprojets et les autorités locales est vivement conseillé lorsque possible afin de protéger au mieux les interventions et prendre les mesures adéquates en cas de besoin.

L’implication des structures techniques à renforcer

Le niveau d’implication des structures techniques dans les activités a besoin d’être renforcé sur tous les microprojets. Pour cela, si les compétences ne sont pas disponibles localement, il est conseillé aux différents acteurs d’inclure des formations initiales dans les microprojets ou d’inciter l’ensemble des acteurs à participer aux formations prévues.  Des formations de remise à niveau ou « recyclage »gagneraient à être envisagées en complément des formations initiales (notamment en gestion, maintenance, etc.). Cela, dans la mesure des moyens disponibles. Les ASI françaises doivent également veiller à mieux se renseigner sur et/ou se conformer aux normes locales de conception des ouvrages afin de limiter les déconvenues à l’usage. Le recours à des structures techniques maliennes (consultation, prestation) est ainsi recommandé.

 

    

     

 

La mission s’est révélée riche d’enseignements pour les consultants et les participants des microprojets, au regard de la diversité des domaines et des réalités de terrain. Les recommandations formulées par le cabinet ont été transmises aux différents acteurs des microprojets afin de poursuivre le dialogue engagé suite à cette visite.

La prochaine mission de suivi-évaluation externe sera conduite courant 2019.

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