Promotion de l’agroforesterie

Pays d'action : Togo Domaine d'intervention : Agriculture

Localité :

/ Togo

Domaine d'intervention :

Agriculture

Population cible :

31 producteurs à Klonou dont 29 propriétaires de leur terrain et 33 producteurs à Djobepime dont 29 propriétaires, les autres producteurs sont des métayers. Une coopérative par village a été créée.

Porteur du projet :

Morija

Partenaire local :

Avenir de l'Environnement (Association)

Budget total du projet :

42874€

Partenaires Financiers :

  • Publiques
    • Valais Solidaire
    • Commune de Collonges-Bellerives
  • Privés
    • Indéfini

Date de lancement du projet :

01/01/2015

Date de fin du projet :

31/12/2015

Résumé du bilan

Le projet de promotion de l’agroforesterie a reçu un écho très favorable dans les villages de Klonou et de Djobepime au Togo. Les producteurs se sont montrés d’emblée enthousiastes pour apprendre une nouvelle technique agricole qui leur permet d’augmenter à terme leurs revenus. En accord avec les autorités des villages, nous avons ainsi formé 4 producteurs de plus que prévu. A la fin de l’année 2015, les champs agroforestiers issus du projet respectaient le schéma des cultures et étaient bien entretenus malgré quelques difficultés au courant de l’année. Il a fallu leur rappeler que le calendrier de mise en œuvre des champs était très précis et qu’ils ne pouvaient pas délaisser leurs travaux pour s’occuper de leur maraîchage. De plus, une sécheresse a frappé les 2 villages et un certain nombre de jeunes plants dans les champs n’ont pas survécu. De ce fait, certains producteurs étaient un peu découragés mais notre partenaire, Avenir de l’Environnement (ADE) a su leur proposer des solutions qui les ont rassurés et remotivés. Les producteurs se sont rassemblés en coopérative, une par village, et ont reçu une formation sur le rôle de la coopérative, son fonctionnement et sa gestion. Ce regroupement a fait naitre une grande cohésion dans le groupe. La coopérative gère une pépinière collective. Les agriculteurs ont également reçu des formations sur l’approche genre et le droit du travail. Ils ont ainsi toutes les clefs pour effectuer leur métier selon toutes les dimensions du développement durable.

Bénéficiaires

Nombre de bénéficiaires directs

  • Prévu : 60
  • Réel : 64
Explication des écarts:
Lors de la présentation du projet ont montré un vif intérêt au projet. De ce fait, après discussion entre le partenaire local (Avenir de l’Environnement (ADE)), les autorités du village et les producteurs, il a été décidé que 33 personnes à Djobepime et 31 personnes à Klonou pourraient bénéficier du programme au lieu de 30 par village comme prévu. Les dépenses les plus importantes de mise en œuvre du projet étant lié à de la formation, l’ajout de 1 ou 3 bénéficiaires ne modifiait pas ces coûts. De plus, ADE a estimé que la qualité de la formation ne serait pas impactée avec 3 bénéficiaires de plus.

Nature des bénéficiaires directs

  • Prévu : 30 producteurs au sein des 2 villages, tous propriétaires des terrains. Les producteurs de chaque village sont répartis en coopératives.
  • Réel : 31 producteurs à Klonou dont 29 propriétaires de leur terrain et 33 producteurs à Djobepime dont 29 propriétaires, les autres producteurs sont des métayers. Une coopérative par village a été créée.
Explication des écarts:
Il a été décidé d’accepter la candidature de producteurs qui n’étaient pas propriétaires de leur terrain lorsque la relation entre les producteurs métayers et leurs propriétaires était bonne.

Critères de sélection des bénéficiaires directs

  • Prévu : La sélection des bénéficiaires directs se fait sur la base du volontariat. Les associations réunissent d'abord le village pour leur exposer les bénéfices de l'agroforesterie. Suite à cette session, les producteurs souhaitant suivre le programme se manifestent auprès du Comités Villageois de Développement (CVD) et des Associations. Si le nombre de producteurs intéressé est trop important, c'est le CVD qui décide, en accord avec la communauté, quels producteurs bénéficieront du projet.
  • Réel : Les bénéficiaires se sont manifestés après la séance de présentation du projet. La possibilité d’avoir plus de bénéficiaires que prévus a été discutée entre le partenaire local et la communauté et a été adoptée. Toutefois, une sélection a tout de même du se faire parmi les producteurs voulant participer au projet. Cette dernière s’est effectuée en communauté, les personnes n’ayant pu recevoir la formation ont eu comme garanti que les producteurs formés les aideraient à se former à l’agroforesterie une fois le projet terminé si ils étaient toujours intéressés. De plus, ils pourraient acheter à la pépinière les plants nécessaires à la transformation de leurs champs.
Explication des écarts:
Néant

Nombre de bénéficiaires indirects

  • Prévu : 14 642
  • Réel : 5102
Explication des écarts:
Le nombre de bénéficiaires indirects réels ne compte que les membres des familles des producteurs et des habitants des villages alors que le nombre de bénéficiaires indirects prévu comportait des catégories de personnes sur lesquelles il nous ait plus difficile d’observer effectivement des impacts indirects.

Nature des bénéficiaires indirects

  • Prévue : Les différents types de bénéficiaires sont les suivants : éleveurs, apiculteurs, pisciculteurs, commerçants (cacao, café, palmier à huile, maïs et charbon de bois), tradi-thérapeutes pour les traitements à base de la vertu des plantes fertilitaires, autorités du village, mairie de Kpalimé (augmentation des revenus des taxes agricoles, création d’emplois et réalisation de projets de développements), ministère de l’agriculture dans sa politique de promotion de la sécurité alimentaire, ministère de l’environnement dans sa politique environnementale, ministère de la santé (diminution des intrants agricoles qui permet une meilleure qualité des aliments consommés), Etat togolais (dans sa politique de Stratégie de Réduction de la Pauvreté SRP et de Stratégie du Développement du Secteur Agricole SDR), partenaires de développement, fabricants et consommateurs de chocolat.
  • Réelle : Familles des producteurs, autres producteurs des 2 villages, autorités du village
Explication des écarts:
Les champs agroforestiers ne fournissant pas encore de production commercialisable, le projet n’a pas encore touché la filière de la région.

Activités menées

R1A1. Des séances de sensibilisation à l’agroforesterie se sont tenues dans chacun des 2 villages. 9 thèmes ont pu être abordés devant 703 habitants : - l’Homme et la nature - la définition de l’agroforesterie - l’impact bénéfique sur les sols - les cultures, l’environnement et les hommes - les apports des arbres fertilitaires dans la lutte contre l’érosion - l’amélioration du climat - les conseils sur la conduite des parcelles et les risques liés à l’agroforesterie - les résultats du Centre de Recherche Agronomique en zone Forestière (CRAF) R1A2. Les diagnostics individuels et participatifs ont eu lieu en mars et avril. Ils ont permis de déterminer entre autres : la structure de la population, l’activité principale et complémentaire des agriculteurs, la répartition des revenus dans la communauté, la situation dans la main d’œuvre, l’état des lieux des pratiques agricoles, les attentes des bénéficiaires. Toutes ces données ont permis d’établir un plan d’action par village qui a été restitué avec le diagnostic. R1A3. Les producteurs de cacao ont suivi plusieurs formations théoriques afin de mieux connaitre l’agroforesterie : - notions générales de l’agroforesterie et entretien des parcelles: Klonou (30 participants) et Djobepime (31 participants) - gestion de l’exploitation agricole : Klonou (27 participants) et Djobepime (23 participants) - traitements phytosanitaires à base de produits naturels : Klonou (31 participants) et Djobepime (27 participants) - visite des installations du CRAF : Klonou (30 participants) et Djobepime (27 participants) - du 01/03/2015 au 31/12/2015
Les producteurs maîtrisent et mettent en œuvre des techniques agroforestières sur leur parcelle.
Les diagnostics ont permis un dialogue constructif avec les producteurs qui ont pu formuler les difficultés qu’ils rencontraient dans leur travail. Ils ont permis d’orienter les formations pour répondre aux questions que les diagnostics ont soulevées. Les formations ont bien été suivies et assimilées par les participants.
R2A1. En avril, le partenaire local a diagnostiqué les futures parcelles d’agroforesterie et a défini avec les producteurs un planning des activités. Cette activité a été suivie de la délimitation des parcelles et du piquetage. Les piquets déterminent l’emplacement des futurs plants d’arbres fertilitaires ou de cacaoyers. Sur les 45,25 ha des parcelles dans les villages de Djobepimé et Klonou, ce sont 20 060 piquets qui ont été installés. R2A2. La trouaison et la mise en terre doivent se faire dans un délai de 3 mois. De plus, la mise en terre est plus propice aux arbres lorsqu’elle se fait pendant la saison des pluies. La trouaison a débuté en mai et s’est poursuivi en juin. Un planning a été réalisé pour que les agriculteurs puissent mutuellement s’aider dans cette tâche. Une première mise en terre a été effectuée en juillet. Toutefois, le mois ayant été plus sec que prévu, sur les 6 350 cacaoyers plantés, 365 plants sont morts. Une deuxième distribution de plants issus de la pépinière a donc été réalisée en septembre. Au total sur les deux villages, 22 678 cacaoyers ont été mis en terre ainsi que 605 arbres fertilitaires. R2A3. Un suivi régulier des parcelles a été réalisé. Il a permis de détecter la surmortalité des plants et de prendre des mesures correctives notamment de retarder le calendrier pour avoir les conditions optimums lors du deuxième partage des plants. - du 01/03/2015 au 31/08/2015
La biodiversité est améliorée sur les parcelles agroforestières. Celle-ci devrait améliorer la qualité des sols et ainsi améliorer les rendements des parcelles. Le cacaoyer devient productif vers l’âge de 3 ans.
Les agriculteurs ont été un peu découragés de voir leurs plants mourir aussi facilement à cause de la sécheresse. Heureusement, ADE a su réagir et leur a apporté soutien et solutions si bien que tous les producteurs sont restés motivés tout au long du projet.
R3A1: La structure de la pépinière (ombrière) a été réalisée dès janvier, les premières graines ont été plantées dans la foulée. 40 050 jeunes plants de cacaoyers ont ainsi été produits ainsi que plus de 6 500 arbres fertilitaires. Le suivi technique des pépinières effectué tout au long de l’année a pu mettre en avant le bon entretien de celles-ci. Le champ communautaire a été remplacé par un champ école dans chaque village. Ce dernier est plus propice à la démonstration des différentes techniques agroforestières, que ce soit pour les producteurs bénéficiaires ou pour ceux non-bénéficiaires qui souhaitent changer leur mode de production. Le champ école appartient à une personne et non pas à l’ensemble de la coopérative. Le champ école de Klonou fait 0,5 hectare et 700 cacaoyers y ont été plantés. Celui de Djobepime fait 1 hectare et accueille 760 cacaoyers. R3A2 : Les agriculteurs se sont regroupés en 2 coopératives, 1 par village. Ils ont suivi différentes formation : - La vie coopérative (février) : définir ce qu’est une coopérative et aide à la création de celles des producteurs - La gestion organisationnelle d’une coopérative (août) : planification et gestion comptable. - Les accidents du travail (avril) : prévention des risques - L’approche genre (avril) : explication des avantages à impliquer les femmes et incitations physiques et psychologiques à les faire participer - La lutte contre les feux de brousse (août) : connaissance des causes, prévention, et éducation à leur lutte. Les coopératives sont dirigées par un comité de gestion composé de trois membres (un président, un(e) secrétaire et un(e) trésorier(e)) et une commission de surveillance composée de trois membres (un président et deux rapporteurs). Elles se réunissent une fois par semaine pour discuter des activités du projet d’agroforesterie (le suivi les champs, entretien des champs, des désherbages et l’arrosage des jeunes plants sur le site pépinière et l’organisation des vente des fèves de cacao). Elles se réunissent également autour des sujets comme la vie de la coopérative, la participation à des travaux communautaires et la gestion du village, la gestion financière de la coopérative (les cotisations des membres et les dépenses). Le Comité de gestion étant l’organe d’exécution des décisions de l’AG, ses membres ont pour attributions : Le Président qui a pour mission de : - Coordonner les activités des membres du CG ; - Représenter la coopérative vis-à-vis des tiers ; - Organiser et veiller à la bonne gestion des activités de la coopérative ; - Convoquer et présider les réunions ; - Signer les documents et actes qui engagent la vie de la coopérative ; - Organiser et gérer les programmes d’informations de formations et d’éducation des membres - Convoquer dans les délais les AGO et les AGE. Le Secrétaire qui a pour mission de : - Tenir les documents administratifs et juridiques de la coopérative ; - Préparer les convocations et avis de réunions et AG ; - Rédiger les comptes rendus et PV des réunions ; - Préparer et présenter les rapports d’activités de la coopérative ; - Contrôler le quorum lors des réunions et AGE. La Trésorière qui a pour mission de : - Assurer la gestion comptable et financière à travers ; - Tenir correcte des documents et pièces comptables ; - Enregistrer les mouvements des fonds (caisse et banque) ; - Collecter des cotisations et autres ressources financières auprès des membres et des tiers ; - Présenter un rapport financier sortant les états de fin d’exercice à l’AG ; - Tenir la caisse locale dont le montant en liquidité ; - Faire viser les reçus, les facteurs, les bons etc. par le Président avant tout décaissement ou encaissement. Le comité de gestion se réunit tous les premiers vendredis du mois au siège de la SCOOPS. La commission de surveillance est l’organe de contrôle de la société coopérative simplifiée. Elle agit dans le seul intérêt des coopérateurs. - du 01/02/2015 au 31/12/2015
Les capacités de gestion individuelle et communautaire sont renforcées, notamment grâce à la création d’une coopérative par village. Les producteurs des coopératives gèrent ensemble un champ communautaire et une pépinière. De plus, ils ont mis leurs nouvelles connaissances au profit de la communauté en s'impliquant également dans la gestion du village et les travaux communautaires. La nouvelle dynamique et la solidarité créées par les coopératives dans chacun des villages devraient être bénéfiques pour leur développement global.

Les producteurs ont élargi leurs connaissances sur la façon dont menée leur métier. Les formations sur les accidents du travail et l’approche genre ont permis d’aborder des aspects qui leur étaient mal connus de leur métier.

L'implication des producteurs dans la vie du village et l'amélioration de leur capacité de gestion individuelle sont d'autres promoteurs de l'agroforesterie auprès des autres agriculteurs du village que la seule production à venir des champs.

Effets

Effets du projet positifs prévus

Les agriculteurs ont une meilleure connaissance de l’impact de leurs actions sur leur environnement. Ils agissent donc en conséquence et pas seulement dans leurs champs. Une plus grande biodiversité est constatée sur les parcelles, ce qui protège mieux les plants des ravageurs. La zone du projet a été touché par la sécheresse en 2015. Il a été remarqué que les plants des champs agroforestiers ont mieux résistés que ceux des champs traditionnels.

Effets du projet positifs imprévus

Une grande solidarité est née entre les membres des coopératives. Cela a stimulé l’engagement et la volonté des producteurs et de leurs familles dans le projet. Elle a également permis le renforcement des liens de la communauté en dehors de l’activité agricole. Certains agriculteurs pratiquaient déjà certaines bases de l’agroforesterie car elle s’appuie sur des techniques ancestrales. Ainsi, certaines connaissances des agriculteurs ont pu être valorisées.

Effets du projet négatifs prévus

La mise en place de champs agroforestiers est une activité de longue haleine et les producteurs doivent attendre plusieurs années avant de récolter le fruit de leur travail. Pour limiter l’absentéisme des agriculteurs et une baisse immédiate de leurs revenus, la solidarité au sein des coopératives et des villages a été sollicité, notamment pour les travaux d’aménagement. De plus, des bananiers ont été plantés temporairement dans les champs. En effet, ils produisent des fruits au bout de 7 mois et leurs grandes feuilles offrent de l’ombrage aux jeunes plants de cacaoyers et arbres fertilitaires.

Effets du projet négatifs imprévus

Les producteurs n’ont pas pu s’occuper de leur maraîchage durant cette année. Souvent petit, ce champ est très important pour les producteurs car il produit une grande part de l’alimentation de leur famille. Les bénéficiaires du projet ont fait appel à la solidarité de leur famille et du village pour que leur champ maraîcher soit cultivé comme il se doit.

Apprentissages et leçons tirées

Bien que très volontaires pendant tout le projet, les producteurs ont privilégié leurs activités maraichères le moment venu au projet. Un suivi régulier de notre partenaire et un dialogue constructif avec les agriculteurs ont permis de débloquer la situation rapidement. Durant le diagnostic participatif, ce temps fort pour les bénéficiaires avait pourtant été repéré. Nous serons désormais plus attentifs aux impératifs des bénéficiaires pour soit adapter notre agenda quand cela est possible ou soit pour réfléchir avec eux à des solutions afin qu’’ils ne soient pas pénaliser du fait de leur participation au projet.

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