Le sylvopastoralisme comme solution contre la déforestation au Nicaragua

Pays d'action : Nicaragua Domaine d'intervention : Agriculture

Localité :

El Castillo / Nicaragua

Domaine d'intervention :

Agriculture

Population cible :

Les habitants et agriculteurs de la communauté de Bartola, essentiellement les familles faisant parti de la Coopérative de tourisme communautaire, soit 11 familles et 48 habitants.

Porteur du projet :

envol vert

Partenaire local :

Fundation del Rio (Fondation)

Budget total du projet :

9200€

Partenaires Financiers :

  • Publiques
    • Indéfini
  • Privés
    • Indéfini

Date de lancement du projet :

01/09/2014

Date de fin du projet :

31/12/2016

Résumé du bilan

Les objectifs du projet ont été partiellement atteints. Une diminution des pratiques d'abattis-brulis a pu être constatée grâce à une meilleure prise de conscience environnementale par les paysans notamment grâce aux formations-actions mises en place avec l'école d'agroécologie. Les conditions climatiques (pluies intenses, ouragan Otto) ont rendus particulièrement difficile le maintien des parcelles sylvopastoriles, cumulé à cela un manque de compréhension du système par les paysans qui ont remis beaucoup trop tôt les vaches sur les parcelles. En revanche les banques protéiques qui prennent moins d'espace de terre et peuvent se faire proche des habitations ce qui en facilite l'entretien ont connues plus de succès et sont en état de fonctionnement. Par ailleurs, la composante qui a été ajoutée pour travailler aussi sur la diminution de l'abattis-brulis mais via les parcelles agricoles ont rencontré un succès important. Avant d'initier le processus quelques agriculteurs ont pu aller au Honduras voir l'installation du système et constater par eux-même les avantages. Ces derniers sont devenus les promoteurs du système qui a été bien intégré et compris par les paysans. Une plaquette de sensibilisation et d'explication du système a été faite et distribuée aux familles des villages alentours pour en diffuser l'expérience. Enfin il est encore trop tôt pour pouvoir évaluer les impacts à long terme du projet comme l'augmentation de la rentabilité de la production laitière ou encore la diminution des parcelles utilisées pour l'élevage. Envol Vert poursuit sa présence sur place, ses actions de sensibilisation et l'accompagnement des paysans sur les systèmes pour les rendre effectifs mais aussi pour que de l'ensemble des expériences pilotes mises en place chaque paysan puisse définir celle qui lui convient le mieux et intensifier son développement.

Bénéficiaires

Nombre de bénéficiaires directs

  • Prévu : 163
  • Réel : 48
Explication des écarts:
Envol Vert a choisi de s’appuyer sur les familles intégrantes de la coopérative de tourisme communautaire pour développer le projet soit environ la moitié des familles. En effet il s’agit de personnes plus impliquées sur les aspects environnementaux, organisées et leaders. Pour autant, celles-ci ne font pas l’unanimité avec les autres familles de la communauté (conflits, clans familiaux…) il a donc été très difficile de faire comprendre que le projet «était ouvert à l’ensemble de la communauté », et que d’autres familles acceptent de travailler avec celles de la Coopérative.

Nature des bénéficiaires directs

  • Prévu : Les bénéficiaires directs sont l'ensemble de la communauté de Bartola soit 26 familles et 163 habitants. Tous sont agriculteurs et donc directement visé par le projet de sylvopastoralisme. L'agriculture est leur principale source de revenus.
  • Réel : Les habitants et agriculteurs de la communauté de Bartola, essentiellement les familles faisant parti de la Coopérative de tourisme communautaire, soit 11 familles et 48 habitants.
Explication des écarts:
Il n’existe pas d’écart dans la nature des bénéficiaires si ce n’est dans le nombre, comme expliqué ci-dessus.

Critères de sélection des bénéficiaires directs

  • Prévu : Etre membre de la communauté de Bartola et exploiter des terres sur le territoire de la communauté sont les deux critères de sélection des bénéficiaires directs.
  • Réel : Etre membre de la communauté de Bartola et exploiter des terres sur le territoire de la communauté sont les deux critères de sélection des bénéficiaires directs.
Explication des écarts:
Pas d'écart.

Nombre de bénéficiaires indirects

  • Prévu : 1500
  • Réel : 260
Explication des écarts:
Le projet a tardivement montré de réels bénéfices pour pouvoir être exporté et généralisé à l’ensemble des communautés avec lesquelles la Fondation del Rio travaille. Cependant 3 communautés ont été touchées soit environ 200 familles, notamment par la diffusion d’un livret d’explication du travail réalisé autour de l’Inga. Dans la communauté de Biragua, 5 familles ont installé le modèle de l'Inga. Par ailleurs l'école d'Agroforesterie est ouverte à toute la communauté, elle a réuni 57 personnes dont 20 jeunes et les signataires du convenio Buen vivir.

Nature des bénéficiaires indirects

  • Prévue : Les bénéficiaires indirects sont les populations des communautés situées autour de la communauté de Bartola. Dans un premier temps, les activités se développeront plus avec les membres de la coopérative (9 familles) étant donné la facilité à réunir ses membres. La coopérative est utilisée comme un noyau central, un moyen de diffusion du changement au sein de la communauté. Ensuite, les formations sont l'occasion de parler du projet et d'inciter les autres agriculteurs à le rejoindre. La fondation del rio, partenaire principal de ce projet, travaillant avec d'autres communauté, ces initiatives pourront être généralisées à l'ensemble de la zone. La fondation del Rio estime à 1500 le nombre de bénéficiaires indirects qui pourrait être atteint par ce projet.
  • Réelle : Les bénéficiaires indirects sont les populations des communautés situées autour de la communauté de Bartola.
Explication des écarts:
Pas d'écart.

Activités menées

L’activité première était la mise en place de systèmes de culture sylvopastoraux grâce à la plantation de parcelles de banques fourragères. Dans ce système de culture s’est ajoutée, en toute complémentarité, la plantation de parcelles associant des espèces ligneuses fourragères et des herbacées fourragères. Ce système, localement nommé « pastura en callejones » du fait que les arbres sont plantés en ligne pour faciliter la circulation des bovins, est d’autant plus pertinent d’un point de vue agronomique qu’il est associé à une parcellisation de la surface de pâturage en vue d’instaurer une rotation. La mise en place de ces parcelles associant ligneux et herbacées fourragers est donc précédée d’une parcellisation établie par la plantation de haies vives. - du 01/09/2014 au 31/12/2016
10 des fermes ont installé un ou plusieurs systèmes sylvopastoraux
403 arbres plantés en banque protéique
843 arbres plantés en association avec du pâturage (pastura en callejones)
707 arbres plantés en haies vives
Les plantations ayant beaucoup souffert des inondations et de l’Ouragan Otto, les taux de mortalité des arbres sont très élevés, sur plusieurs fermes tout a dû être recommencé en 2016. Les systèmes ne sont donc à ce jour pas encore suffisamment installés et tous opérationnels pour recevoir les vaches et évaluer l’augmentation du poids animal ou des rendements laitiers.

Cette activité n’a pas évolué dans son titre et description mais a beaucoup été réduite pour être remplacée par une activité d’agroforesterie avec de l’Inga (activité 4). En effet, suite au diagnostic agraire de 2014, il a été clairement identifié la nécessité de créer un avantage comparatif pour des systèmes de culture alternatifs, condition sans laquelle, l’abattis brûlis et la déforestation associée (dû au raccourcissement des jachères) ne seraient arrêtés, l’agriculture pratiquée conservant un caractère itinérant (rotation des jachères d’abattis brulis). Les changements productifs, et plus largement l’adoption par les agriculteurs de systèmes de culture alternatifs étaient donc le préalable à une reforestation durable. Une reforestation spécifique et très localisée a pourtant été réalisée, notamment autour des sources d’eau et pour le renouvellement des bois d’œuvre. - du 01/09/2014 au 31/12/2016
Par ailleurs, sur l’activité de reforestation initiale, 6 fermes ont mis en place l’activité de reforestation sur des sols nus pour lutter contre l’érosion ou au bord des cours d’eau avec un total de 167 arbres plantés en terrasses « anti-érosion ».
Plantation d’arbres sur un terrain aux abords de l’école pour servir à long terme de banque de graines et de boutures.

Fournir un appui technique aux agriculteurs quant à une meilleure gestion des ressources et une valorisation des services écosystémiques pour les productions animales et végétales ; mais aussi créer un contexte d’échange de connaissances entre agriculteurs. Une école de l’agroforesterie a été mise en place entre Envol Vert et la Fondation del Rio à travers une vingtaine de sessions de cours : gestion durable et rentable de l'élevage bovin, valorisation des arbres dans les fermes, alimentation bovine, diversification agricole comme soutien à une agriculture durable, viable et rentable, solidarité dans la communauté, pouvoir des coopératives.…), les volontaires ont également créé des conditions d’échanges à travers des visites entre fermes « visite la ferme de ton voisin », des formations spécifiques ont aussi eu lieu comme par exemple sur les techniques de greffes, l’installation de l’Inga, la création de lombricompost et d’engrais organiques. Deux voyages d’étude l’un en vue de leur montrer les bénéfices de l’Inga cropping et de leur apprendre le système, l’autre pour découvrir une ferme expérimentale en agroforesterie de l'esperanzita en Nueva Guinea. Enfin un dépliant sur l’Inga a été réalisé et diffusé aux communautés voisines pour les inciter à mettre également en place ce système. - du 01/09/2014 au 31/12/2016
Au total ce sont 60 personnes qui ont participé aux formations diverses, voyage de découverte et visites entre voisins, 57 diplômes remis pour une participation régulière aux classes populaires d’agroécologie (dont 20 jeunes).
Suite au diagnostic agraire de 2014, il a été clairement identifié la nécessité de créer un avantage comparatif pour des systèmes de culture alternatifs, condition sans laquelle l’abattis brûlis et la déforestation associée (dû au raccourcissement des jachères) ne seraient arrêtés, l’agriculture pratiquée conservant un caractère itinérant (rotation des jachères d’abattis brûlis). Les changements productifs, et plus largement l’adoption par les agriculteurs de systèmes de culture alternatifs était donc le préalable à une reforestation durable. Il a donc été décidé d’implanter un système agroforestier répondant aux conditions écosystémiques de Bartola tout autant qu’à la disponibilité en main d’œuvre et à la compatibilité du calendrier de culture avec les autres systèmes de culture. Le système choisi a été « Inga alley cropping » développé par l’Inga Fondation, une ONG basée au Honduras. Ce partenariat nous a aidé à la mise en place de ce système associant le pois doux (Inga edulis), ligneux de la famille des Fabaceae à des cultures vivrières (mais, haricot, banane plantain…) mais aussi, à terme, des cultures de rente (piment, poivre…). - du 01/04/2015 au 31/12/2016
10 fermes ont mis en place l’installation d’allées d’Inga Cropping, chacune des fermes a donc mis en place des pépinières individuelles (préférées aux pépinières collectives à cause des distances entre les agriculteurs et des quantités d'Inga nécessaires). 5083 arbres ont été installés. Les agriculteurs ont pris conscience de l’intérêt du système à travers un voyage d’étude au Honduras et ont ensuite participé à la rédaction d’un document pour inciter les communautés voisines à la mise en place du système. Les plants d’Inga ont démontré au début du projet une mortalité de 50% qui est progressivement passée à environ 20/25%. Globalement on retrouve de bonnes techniques de gestion des pépinières individuelles.

Effets

Effets du projet positifs prévus

Les effets positifs attendus sont une diminution de la déforestation provoquée par une moindre nécessité de terre par tête de bétail. Revalorisation de sols infertiles pour un usage agricole. Un accroissement des variétés fruitières permettant une amélioration de l’alimentation. L'augmentation du capital humain par les échanges entre volontaires et producteurs sur des sujets agronomiques et socioéconomiques. Par ailleurs, un effet positif est également l'augmentation de la sensibilité environnementale des agriculteurs.

Effets du projet positifs imprévus

Utilisation des systèmes proposés différente de celle prévue engendrant un processus d’innovation locale. Par exemple, certains producteurs ne développent pas le système Inga comme prévu (en association avec des cultures annuelles de type mais, yuca, etc…) mais plus comme des jachères améliorées. Cela montre une appropriation alternative de la technologie Inga par les producteurs, et la nature peut-être trop rigide du système tel qu’il est proposé actuellement, aussi différentes versions du système Inga, plus adaptées à chacun des profils des producteurs, serait une option pour une meilleure implantation du système.

Effets du projet négatifs prévus

Possibilité de spécialiser les producteurs à l’élevage ou l’agriculture compromettant la cohérence de leurs stratégies à l’échelle de leurs différentes occupations et activités.

Effets du projet négatifs imprévus

Les jalousies dans la communauté entre les familles intégrantes ou pas de la coopérative de tourisme ont été renforcées malgré le fait que le projet soit ouvert à tous, il n'a pas réussi a décloisonner les familles voire il a renforcé ce cloisonnement. Des problèmes culturels des jeunes volontaires français et des partenaires pas assez préparés ont également surgi portant préjudice à certaines familles.

Apprentissages et leçons tirées

La formation et l’apprentissage par l’exemple sont des éléments indispensables à la réussite des projets, et plus encore si cet apprentissage se fait par les pairs. Un travail important doit être fait pour l’appropriation des projets par les bénéficiaires. Ceci passe notamment par des réunions et échanges réguliers avec eux sur les objectifs et raisons du projet mais aussi sur les modes de fonctionnement et de gouvernance. La gouvernance participative est indispensable. Le rôle des volontaires ne doit en aucun cas se transformer en « faire pour eux » mais bien les appuyer dans leurs apprentissages. Une attention particulière doit être mise à la formation initiale des volontaires pour éviter des problèmes culturels dans des communautés petites et isolées. Techniquement les erreurs doivent être documentées et partagées entre tous, afin d’être intégrées et non reproduites, mais aussi pour que chacun prenne publiquement conscience de ce qui est de l’ordre de l’erreur technique ou du désintérêt ou non suivi du bénéficiaire. Les dons matériels doivent être rigoureusement discutés et cadrés pour éviter des jalousies. Il faut s’assurer de la capacité du partenaire à gérer telle ou telle situation avant de lui laisser plus de place et d’autonomie dans la gestion du projet, car ceci peut-être contre-productif.

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