Construction d’une exploitation collective de manioc au Libéria

Pays d'action : Liberia Domaine d'intervention : Agriculture

Dans le village de Kpalo-Bli au Libéria, ce projet a pour objectif de promouvoir la culture du manioc par la construction et l’équipement d’une ferme collective, dans une optique de sécurité alimentaire et de développement durable.


Le projet s’inscrit dans la longue phase de reconstruction du village : en effet, Kpalo-Bli et ses alentours n’ont pas été épargnés par la guerre civile sanglante qui a ravagé le Liberia pendant quatorze années (1989-2003).

Totalement brûlé durant le conflit, le village se réhabilite pas à pas, dans un contexte toujours très difficile : ainsi, ces derniers mois, l’épidémie ebola, responsable au Libéria de plus de 4800 morts sur 10500 cas, a encore fragilisé le pays et les capacités du gouvernement à soutenir seul toutes les initiatives de développement, notamment agricole. Kpalo-Bli n'a pas été atteint directement par le virus mais il a dû faire face aux risques collatéraux de pénurie alimentaire.

Durant cette période de restriction de circulation, les marchés étaient extrêmement mal approvisionnés et les habitants de Kpalo-Bli ont pu être sauvés grâce à leurs propres cultures de manioc. Si la fin de l'épidémie est aujourd'hui officiellement déclarée, il s'agit cependant de consolider et développer le potentiel agricole du village, le rendant suffisamment solide et indépendant afin de faire également face aux sollicitations répétées des sociétés palmières désireuses d'acheter à des prix dérisoires les terres des villageois, autrement dit à les spolier...

La menace est suffisamment forte pour être soulignée ici : en février 2016, un représentant d'une de ces compagnies s'est à nouveau rendu à Kpalo-Bli pour lancer des propositions d'"achat". Les habitants résistent mais pour combien de temps encore ?


C'est avec d'autant plus de détermination et de motivation que l'association KEDO Libéria vient s'associer aux 200 habitants du village pour mener à bien le projet de ferme collective. Actuellement, les paysans de Kpalo-Bli cultivent uniquement le manioc à petite échelle, pour leur consommation personnelle.

L’intérêt de la création d’une ferme collective réside dans le fait qu’ils pourront produire davantage, dans un cadre organisé, avec tout l’équipement nécessaire pour pouvoir réduire le processus de transformation du manioc et commercialiser ce dernier sachant que le demande est importante : le manioc est en effet le deuxième produit comestible de base au Libéria après le riz. Le coût total de la ferme collective tient compte de l’engagement des villageois à exploiter eux-mêmes la ferme, et s’appuie sur le prix des équipements : la machine permettant la transformation du manioc, le groupe électrogène (le village ne disposant pas de l’électricité jusqu’ici) et deux véhicules mobylettes équipés chacun d'une remorque pour pouvoir assurer - dans la première phase de développement du projet - les transports de marchandise vers les lieux de commercialisation.

Par ailleurs, la concrétisation du projet suppose que parallèlement, les villageois seront formés pour s’approprier pleinement les méthodes visant à améliorer collectivement la production, acquérir certaines connaissances pratiques de gestion et le savoir-faire pour commercialiser leurs produits. À long terme, l'exploitation de la ferme pourra engendrer l’autosuffisance financière des habitants du village, permettant ainsi aux habitants de dégager des fonds pour le développement et la gestion de leurs propres institutions comme leur école nouvellement construite, un futur dispensaire et d’autres projets encore. Ainsi, tout le manioc cultivé sur la parcelle de terre de la ferme collective sera commercialisé au profit des projets communautaires

En parallèle, l'usage des nouveaux équipements sera mutualisé pour que les agriculteurs puissent aussi les utiliser pour transformer leurs récoltes individuelles : en effet, en plus de la ferme collective, les agriculteurs vont continuer à cultiver leurs propres lopins de terre pour d’une part satisfaire leurs besoins alimentaires et pour d’autre part commercialiser eux-aussi une partie de leur production afin d'en tirer une source de revenus individuels.

Enfin, le temps gagné sur le travail agricole grâce à l'acquisition des machines permettra aux femmes du village de participer à des cours d'alphabétisation, volet important défendu par l'association (encourager l'égalité d'éducation entre hommes et femmes) et atout indispensable pour qu'elles puissent s'impliquer pleinement dans les activités de commerce de Kpalo-Bli.  

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