L’AMP aujourd’hui et demain

C’est dans les locaux de l’Agence Française de Développement que l’Agence des Micro Projets présentait ses perspectives pour les prochaines années

L’ensemble des acteurs de la solidarité internationale était réuni, ce 6 décembre 2017, pour une matinée riches en annonces, échanges et témoignages autour d’une exposition sur les agricultures familiales dans les pays du Sud, prêtée par l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD).

La présence des représentants du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères ainsi que de l’Agence Française de Développement étaient très attentifs aux bonnes pratiques de cet écosystème dynamique des microprojets.

Les grandes thématiques comme les financements, la capitalisation, le suivi et l’évaluation, l’accompagnement et le numérique étaient présentées par les différents membres de l’équipe : Aurélie Seguin, coordinatrice. Kerstin Schönauer, responsable de l’accès aux financements. Clara Chépeau, responsable de l’observatoire. Raphaël Lurois, chef de projets et Thierry Barbaut, responsable numérique et communication.

Le financement et l’accompagnement – une mission double et transversale

L’équipe de l’Agence des Micro Projets a mis en avant la mission transversale que représente l’accompagnement avant le dépôt du dossier de demande de financements (rendez-vous individuels, journées de formation) mais également pendant, grâce aux avis jury notamment. L’association Coral Guardian a confirmé l’importance des avis jury pour l’évolution du projet, tout en admettant que cela demandait une prise de recul importante.

Kerstin Schönauer, responsable de l'accès aux financement à l'AMP

Kerstin Schönauer, responsable de l’accès aux financement à l’AMP

Après le financement de plusieurs projets de qualité, les associations expérimentées sont sollicitées pour participer à la capitalisation ou à l’instruction de projets, comme l’association Ecole Fatou Kaba qui a témoigné sur sa participation à l’instruction des dossiers au sein du Comité du jury de sélection. Elle a mis en lumière la difficulté d’instruire des projets, qui répondent tous à une demande réelle, et a souligné la qualité des projets et de l’instruction.

Au fur et à mesure des dotations, l’AMP a développé une réelle expertise dans l’instruction grâce à un référentiel commun avec une objectivité stricte, pour bien délimiter les rôles de bailleur et d’accompagnateur. L’Agence agit également en toute transparence via la publication des recommandations du jury à l’égard des porteurs de projets.

Cependant, au regard du manque des financements dans le cadre de la sélection des projets, l’AMP pourrait perdre son rôle d’incubateur des petites initiatives au profit des associations qui se professionnalisent. Le besoin d’accompagnement devient alors essentiel alors que la marge de manœuvre financière de l’AMP reste insuffisante.

Pour finir, la qualité des microprojets a été soulignée, puisque 90% des microprojets évalués sont considérés comme pertinents et 67,5% comme pérennes, ce qui confirme la nécessité de poursuivre le soutien aux petites associations en apport de fonds et de compétences.

 

Le suivi-évaluation et la capitalisation dans la continuité de la double mission de l’Agence Micro Projets

L’Agence des Micro Projets affirme sa double approche professionnelle et humaine de « bailleur-accompagnateur » au cours des étapes de suivi-évaluation et capitalisation.

Clara Chépeau, responsable de l'observatoire de l'AMP

Clara Chépeau, responsable de l’observatoire de l’AMP

Le suivi et l’évaluation, à travers des rencontres avec les porteurs de projets, la remise de bilans finaux et intermédiaires et les missions de terrain, permettent de poursuivre l’accompagnement des associations une fois le projet lancé, tout en témoignant de la réalité de terrain et de l’avancement des activités cofinancées. Elles sont également une source d’informations pour préparer l’étape suivante de capitalisation, en identifiant les difficultés et les bonnes pratiques.

L’association Rwanda Main dans la Main a ainsi témoigné de l’intérêt du suivi rapproché, proposé par l’Agence des Micro Projets, faisant également un premier retour sur la mission d’évaluation de son projet menée au Rwanda par l’AMP en octobre 2017. Plébiscitées par les porteurs de projets en France mais aussi les partenaires à l’international, elles sont un outil phare pour l’AMP.

Forte de ces différentes informations collectées grâce aux porteurs de projets, l’AMP souhaite aujourd’hui adapter ses outils de capitalisation aux attentes des associations, toujours plus nombreuses et dispersées dans le monde, mais aussi tirer profit des nouveaux moyens de communication disponibles. L’appropriation des contenus mis à disposition est essentielle. Aussi, la mise en place de nouvelles stratégies telles des réseaux d’échanges entre porteurs de projets seront des pistes à étudier afin de renforcer la dimension participative  et faire évoluer ensemble les pratiques.

Le documentaire « Togo, incubateurs d’initiatives solidaires » était présenté en première.

Une immersion au coeur de 6 microprojets au Togo sur les thématiques de la santé, l’éducation, l’agriculture, l’environnement le recyclage et les énergies renouvelables. Un focus à également été fait avec le projet du garage école et l’utilisation de tablettes numériques.
Ce projet porté par Thierry Barbaut et réalisé par Victor Cavaillole à été tourné lors d’une mission d’évaluation de l’AMP en novembre 2016.

 

Présentation du portail solidaire et d’une nouvelle plateforme de dématérialisation pour gérer les projets.

Après avoir lancé, en 2014, une première plateforme de gestion de projets en ligne, l’AMP innove dès 2018 avec une nouvelle plateforme participative et collaborative, le Portail Solidaire www.portailsolidaire.org

Plusieurs objectifs:

Thierry Barbaut responsable numérique et communication

Thierry Barbaut responsable numérique et communication

- Offrir plus de services pour les porteurs de projets avec des accès aux financements par zones d’interventions, thématiques ou dates d’appels à projets. Également de nouveaux partenaires et bailleurs afin de soutenir plus de projets.

- Permettre aux bailleurs de s’appuyer sur une plateforme permettant de sélectionner aussi par zones d’intervention, thématiques ou de disposer de son propre appel à projet si besoin tout en s’appuyant systématiquement et à la carte d’un service d’experts sur les projets.

Offrir plus de communication, de transparence, de données publiques pour mieux communiquer sur les projets et l’ensemble des acteurs de la solidarité internationale et l’aide au développement.

Une stratégie numérique globale affirmée avec le déploiement d’un écosystème digital renforcé.

Avec le Portail Solidaire l’AMP va proposer à d’autres partenaires de se fédérer autour des projets de solidarité internationale.

L’outil, très connecté à l’humain permettra de mettre en synergie les acteurs composés de bailleurs, de porteurs de projets, d’instructeurs, d’opérateurs et bien sûr en lien avec les bénéficiaires.

Le Portail Solidaire

Le Portail Solidaire sera lancé en février 2018

 

L’Agence des Micro Projets et le secteur privé : réflexions sur les partenariats public privé et le mécénat de compétences

Afin de financer de plus en plus de projets et soucieux de s’inscrire dans le cadre des Objectifs de Développement Durable (ODD), l’AMP, en 2015 pour la COP21, a organisé son premier appel à projet énergies renouvelables avec des entreprises du secteur. Initialement soutenu par trois entreprises, l’appel à projets 2017 s’est effectué en partenariat avec le Fonds de dotation Synergie Solaire qui rassemble plus de 150 entreprises.

 

De gauche à droite, Damien Ricordeau fondateur de Finergreen, Hélène Demaegdt du fonds Synergie Solaire et Raphaël Lurois chargé de projet numérique et communication à l'AMP

De gauche à droite, Damien Ricordeau fondateur de Finergreen, Hélène Demaegdt du fonds Synergie Solaire et Raphaël Lurois chargé de projet numérique et communication à l’AMP

La question soulevée lors de ces échanges est l’intérêt tant pour l’AMP que pour les entreprises privées de s’associer. Si la combinaison de fonds publics et privés permet d’augmenter la dotation, le partenariat recherche aussi des synergies ainsi qu’une mutualisation des compétences.

L’Agence des Micro Projets apporte son expertise d’accompagnement et sa longue expérience de gestion de projets tandis que les entreprises apportent davantage leurs expertises techniques.

De plus, la nouveauté, pour l’année 2017, c’est que la collaboration ne s’arrête pas uniquement à l’instruction des projets et à leur financement.

Elle s’étendra sur l’accompagnement après la dotation par un mécénat de compétences des entreprises qui est l’ADN du fonds Synergie Solaire.           Nous réfléchissons également à répartir l’évaluation et le suivi des projets financés.

L’Agence des Micro Projets et les partenaires privés mutualisent, renforcent et amplifient ainsi leur collaboration tout au long du cycle de vie projet afin de mieux accompagner les porteurs de microprojets et les associations de solidarité internationale.

Le rôle des acteurs régionaux de solidarité internationale et leur complémentarité avec le dispositif de l’Agence des Micro projets

Les représentants des 11 réseaux régionaux multi acteurs (RRMA) dont Occitanie Coopération, Bourgogne-Franche-Comté International, Centraider, Gescod et So Coopération ont participé à cette réunion annuelle.

Aurélie Seguin coordinatrice de l'AMP avec les représentants des réseaux régionaux.

Aurélie Seguin coordinatrice de l’AMP avec les représentants des réseaux régionaux.

La coordinatrice des RRMA, Mathilde Jambot, a confirmé la complémentarité du dispositif de l’AMP avec celui des RRMA lors de cette table ronde. En effet, dans le cadre de l’élargissement de la convention signée entre les RRMA et l’AMP, nous nous rapprocherons en 2018 autour d’ateliers de travail pour améliorer l’accompagnement à destination des porteurs de projets, la capitalisation des données, les synergies des partenariats public et privé ainsi que le suivi et l’évaluation des projets. Le renforcement des liens et des actions respectives permettront de mettre en réseau nos dispositifs communs.

D’autant plus que les mêmes associations financées par le dispositif micro souhaitent se professionnaliser sur le dispositif méso.

Virginie Escudié, Consultante LED, qui a travaillé sur la structuration d’une association et le passage du micro au méso confirme qu’il n’existe pas de structure méso qui financerait les projets de l’ordre de €50 000 à €200 000. L’AMP pourrait faire évoluer son dispositif via le renforcement de l’accompagnement des structures micro mais aussi méso via une phase pilote au sein des territoires.
La question des diasporas a également été abordée pour contribuer à ce renforcement technique et financier et mobiliser cette expertise complémentaire. La thématique de l’inclusion a aussi été évoquée dans le cadre des critères de sélection du micro projets. Enfin, il a été demandé aux RRMA de faire ce travail de plaidoyer à l’égard des collectivités pour faire perdurer les financements à l’égard des porteurs de projets.
Merci et bravo à tous!

Une sélection de photos de cette matinée

Partagez cette actualité

Commentaires