Profil d’experts des microprojets #2

Lors de chaque session d’appel à projets, l’AMP sollicite l’expertise des membres de son comité d’experts, qui s’élargit chaque année. Ces derniers, dont les profils sont très diversifiés, apportent une analyse des projets en fonction de leur expertise géographique et thématique, et participent ainsi à la sélection des projets lauréats.

Retrouvez chaque mois la présentation d’un expert externe de l’Agence Micro Projets.

Irène Serot Almeras

Directrice d’Efiscens/Sénégal

Instructrice multi-thématique à l’Agence des Micro Projets

 

 

 

Irène Serot Almeras cumule plus de 15 ans d’expérience dans le management d’organismes à but non lucratif. Elle est actuellement directrice de Efiscens/Sénégal, formatrice associée au sein de Bioforce Institute/Dakar, et membre du comité d’experts de différentes Fondations.

Quels enseignements tirez-vous de l’instruction des microprojets ?

J’apprécie particulièrement le faire, et j’essaye de le faire répliquer par d’autres organismes, que les porteurs de projets puissent avoir accès à une partie des commentaires formulés par les experts questionnés. C’est à mon avis une façon de les faire participer au processus et en même temps de leur proposer un renforcement de leurs capacités à améliorer leurs propositions de projets.

Quels conseils pouvez-vous apporter à une association qui souhaite mettre en place une formation professionnelle dans son microprojet ?

Mon premier conseil serait de s’orienter vers des organismes présents dans les pays du sud car il y en a de plus en plus et qui délivrent des formations vraiment de très bonnes qualités. Parfois, je recommande plutôt qu’une formation technique/théorique de prendre ce temps pour aller constater ailleurs ce qui a déjà été fait, de prendre exemple des expériences déjà tentées. Une formation n’est pas uniquement de l’enseignement top-down mais peut être beaucoup plus horizontale.

Enfin, s’il s’agit par exemple d’une formation liée à l’établissement d’une activité génératrice de revenus les organismes peuvent s’inspirer du guide qui a été mis en place par l’agence des microprojets (https://www.agencemicroprojets.org/guide-activite-generatrice-revenus), je suis sure qu’il en existe sur beaucoup d’autres sujets. En ce sens, l’auto formation peut être une solution, tout comme d’ailleurs les formations gratuites en ligne qui se multiplient et qui sont de très bonnes alternatives à des formations plus onéreuses.

Quels peuvent être pour vous les atouts ou freins des microprojets dans les pays en voie de développement ?

Question très difficile à adresser.Nous sommes dans une évolution où en parallèle du tout macro nous semblons plébisciter à nouveau le tout micro. A mon avis il n’y a pas à avoir de vision du tout ou rien en la matière. Le microprojet me paraît essentiel encore aujourd’hui s’il est une méthode de renforcement de capacités des acteurs locaux. En ce sens, favoriser les partenariats entre acteurs solides et plus fragiles du sud me paraît pouvoir être une solution d’avenir. Nous sommes dans la mode de la « localisation » de l’aide selon la terminologie du Grand Bargain et les microprojets peuvent certainement aider à la mise en œuvre concrète de ce processus.

Mon petit bémol irait au fait qu’il n’est pas rare de voir les porteurs de projets afficher plusieurs bailleurs potentiels pour un microprojet. Il semble alors qu’ils vont dépenser la même énergie pour lever 15 000 euros que lorsque l’on en cherche 100 fois plus. L’éternel vœu est ici que ces bailleurs puissent travailler plus en synergie, créer des bourses de projets, étiqueter en quelque sorte le « bon » projet pour le proposer à des partenaires, réserver une partie de leur dotation à des projets en communs avec d’autres, dont des bailleurs du sud.

 

Nous sommes toujours ouverts à l’idée d’accueillir de nouveaux membres au sein de notre comité d’experts. Si vous êtes intéressé.e.s pour le rejoindre, merci de prendre contact avec nous à l’adresse servane.bourgeault(at)la-guilde.org, en expliquant votre motivation et vos domaines d’expertise. Ce travail est bénévole, et nous comptons sur votre participation pour la durée de votre choix.

 

 

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