Matinée de restitution à l’Agence Française de Développement

L’AMP a tenu sa réunion annuelle entre acteurs et partenaires des microprojets le 8 décembre dernier.

La synthèse de cette restitution se trouve dans le document ci-dessous intitulé .pdf « Journée de restitution AMP 8 décembre 2016″.

Journee de restitution AMP 8 decembre 2016

Une journée placée, cette année, sous le signe de la jeunesse et de son implication dans la solidarité internationale, une occasion aussi de réfléchir à l’extension des partenariats face à une demande croissante de porteurs de bons projets.

Valérie Huguenin, responsable adjointe de la Division des partenariats avec les ONG (DPO) de l’Agence française de développement (AFD) a résumé, en ouverture, le partenariat fructueux qui lie l’AFD et l’AMP depuis 2009 et a conduit à la signature d’un deuxième accord triennal de financement, début 2016. « L’AFD soutient traditionnellement des projets d’envergure portés par des ONG de taille conséquente et nous n’avons pas les structures pour accompagner les microprojets. C’est pourquoi votre dispositif qui remplit une mission très structurante auprès des petits acteurs de la solidarité internationale est très important pour nous. »

L’équipe de l’AMP a présenté le bilan 2016 de son dispositif et les perspectives pour 2017

En 2016, l’AMP s’est attachée à renforcer son implantation dans les nouvelles régions et ses liens de coopération avec les réseaux régionaux multiacteurs (RRMA). Le bilan des dotations 2016 (462 projets reçus, 62 dotés) se double d’un constat : l’AMP rencontre aujourd’hui des difficultés à doter comme elle le souhaiterait un nombre croissant de projets de qualité. Parmi ses réalisations de l’année, l’Observatoire a édité un guide méthodologique pour la mise en place d’une activité génératrice de revenus (AGR) au sein des microprojets, capitale pour assurer leur pérennité.

L’Internet évolue, de nouvelles plateformes ont été créées, avec une adresse à part : le moteur de recherche de financement (chantier lancé avec le soutien de la Fondation de France), la médiathèque où le téléchargement de documents est désormais accessible aux partenaires du Sud en bas débit. En 2017, ce sera le tour de la plateforme de dépôt de projet, ce qui permettra aux fondations partenaires de l’AMP (Impala et Agir sa vie, pour l’instant) de profiter de la dématérialisation des dossiers et aux associations de solliciter en une fois plusieurs bailleurs.

Comment impliquer les jeunes dans le développement ?

L’association Ninos del Rio, qui travaille à la réinsertion des enfants des rues au Pérou, a livré un témoignage intéressant sur leur capacité à se mobiliser, en France comme au Sud. Témoignage corroboré par celui de Léandro Carignano sur deux projets menés par Solidarité laïque à Haïti et au Maroc : « il ne faut pas faire de projets pour les jeunes mais les aider à gagner en légitimité au sein de la société civile pour monter les leurs ». Pour Nicolas Lejosne, chargé de mission à la DPO de l’AFD, leur implication transversale à chaque étape d’un projet doit figurer, au même titre que l’approche genre, comme un indice de pertinence du projet. Ousmane Syll, directeur du Cercoop de Franche-Comté, a évoqué les outils mis en place par les régions dans le sens de cette implication.

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Oumou Ba, consultante indépendante a ensuite attesté de la pertinence des évaluations menées en externe en zone rouge, en rendant compte de quatre projets soutenus par l’AMP en Mauritanie.

Une seconde table ronde a réuni des représentants des fondations (Myriam Bincaille pour le Fonds Suez Initiatives qui rejoint aujourd’hui l’AMP, Jean-Bernard Véron pour la Fondation de France, Benoit Miribel pour le Centre Français des fonds et fondations) ainsi que Damien Ricordeau, représentant d’une entreprise-partenaire (Finergreen), Vincent Rattez, pour la Guilde et Marie-Odile Waty pour l’AFD, afin de s’interroger sur le rôle des fondations dans le financement des microprojets et l’intérêt qu’elles peuvent y trouver. La convergence avec leurs propres objectifs, l’assurance d’une expertise sur les projets et la possibilité de mutualiser les financements apportés par la médiation de l’AMP ont été évoqués. Il reste beaucoup à construire.

Virginie Escudié, du cabinet Led Entreprise a ensuite exposé les intéressantes conclusions d’une étude menée sur les petites associations françaises de solidarité internationale. Elle dresse un portrait dynamique d’acteurs fidèles sur le terrain (majoritairement en Afrique de l’Ouest) où ils sont bien implantés mais d’acteurs plus très jeunes et, hélas, souventhappéspar la recherche de financements !

Lamine Traoré, chargé de mission au Forim, plateforme nationale regroupant les Osim, organisations de solidarité internationale issues de l’immigration, dont l’AMP s’est rapprochée, est venue témoigner des points (nombreux) de convergences entre les deux associations par-delà leurs différences. Une complémentarité qui s’oriente vers le partage d’informations, la participation croisée à divers comités et la convergence des dossiers via leur dématérialisation. De son côté, Linda François, présidente d’Apese Haïti, a témoigné concrètement de l’action d’une Osim.

Olivier Allard, Délégué Général de La Guilde

Olivier Allard, Délégué Général de La Guilde

Pour finir, Michel Tarran, nouveau délégué pour les relations avec la société civile et les partenaires au ministère des Affaires Etrangères et du Développement (MAEDI) a rappelé l’attachement du ministère au rôle des acteurs de la société civile dans la solidarité internationale. Elle a fait l’objet d’une évaluation dont les résultats viennent d’être rendus publics et l’engagement de la présidence à doubler l’aide publique au développement en direction de ces acteurs a été tenu : elle devrait se monter à 87 millions cette année.

Olivier Allard, délégué général de La Guilde a conclu cette riche journée d’échanges en remerciant les participants et l’AFD, son hôte, « pour son soutien sans faille ». « La Guilde est là depuis 33 ans, elle répond à de vrais besoins, nous continuerons, avec la jeunesse, qui est au cœur de notre ADN. »

Annick Lacroix, Journaliste

 

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